Peinture de 2008
Peinture de 2008
Peinture de 2008

Jerry Delfosse, directeur artistique
de "Espace Art Gallery",

présente, en ce début d'année, l'exposition "Flux du temps" du peintre d'origine Russe:

SINYAVSKY Dimitri.

Ce dernier, partagera ses vues sur sa technique post-impressionniste, et sa façon de voir le monde qui l'entoure,

Lors d'un vernissage le 16 Janvier 2013 à 18h30.


DIMITRI SINYAVSKY :
LA NATURE ENTRE L’AME ET LE TEMPS
Du 16-01 au 03-02- 13, l’ ESPACE ART GALLERY
(Rue lesbroussart, 37,1050, Bruxelles) a le plaisir de présenter une exposition intitulée
FLUX DUTEMPS , consacrée à Monsieur  DIMITRI SINYAVSKY , un jeune artiste Russe qui depuis son enfance a noué avec le temps, un dialogue incertain.

DIMITRI SINYAVSKY est un jeune paysagiste Russe qui peint depuis 2008. Au fur et à mesure de la conversation quis’installe avec lui, il nous révèlel’invraisemblable : il a commencé par l’abstrait! De l’abstrait aupaysage…voilà un parcours autant singulier qu’à contre -courant. Car, en règle générale, c’est le contraire qui se produit. Quoique...! Si par «abstraction »nous entendons des plages de couleurs éclaboussant le blanc de la toile, force est de constater que tout cela n’apparaît nullement dans les œuvres del’artiste. Si, au contraire, nous entendons par « abstraction » l’introspectionproustienne par rapport au temps, à l’intérieur de l’âme humaine, alors peut-être que l’œuvre de DIMITRI SINYAVSKY demeure parfaitement « abstraite » (du moins, dans l’esprit), malgré la présence de la nature, à la fois foisonnante et majestueuse, voilée, néanmoins sous un fond de solitude.

La prise de conscience du temps qui passe. L’existence du temps en tantqu’expression d’un sentiment qui nous définit. Voilà, sans doute, une définition supplémentaire à cette « marque déposée » au début du 20 ème siècle par unecritique avide de sensationnalisme, sans pour autant entrevoir la confusionque cela allait engendrer dans les esprits. Absence de figure humaine ou detout élément identifiable par notre vocabulaire le plus courant, serait synonyme d’ « abstrait ». Or, à la vue de l’œuvre de DIMITRI SINYAVSKY , audemeurant, parfaitement «classique » dans sa forme, nous sommes intriguéspar cette répétition de la présence de la nature, conçue comme un leitmotiv, pour souligner la nostalgie d’un « âge d’or», où elle n’était pas encoreasservie par l’Homme.


Nature et solitude de la nature sont les fondements de son discours, à la fois philosophique et pictural. Balançant entre l’Ecole Russe et l’Impressionnisme français, il y a dans son trait autant de SAVRASOV ou de SHISHKINE quede PISSARRO.Tout un héritage remontant à la fin du 19 ème siècle dont nous retrouvons les traces en chacune de ses œuvres. Même lumière, même luminosité et amour  pour les grands espaces empreints du mysticisme de la nature, concernant l’Ecole Russe. Même disposition du cadrage à l’intérieur duquel se déroule lascène, comme dans l’Impressionnisme français, concrétisé par des successions à peine perceptibles des plans ainsi que des points de fuite, permettant au regard de prolonger l’espace.

VERT PETIT DANS LES FRIMAS
(59 x 44 cm)

et
PROVENCE SOUS LEBOURRASQUE
(79 x 39 cm)

se situent à l’intersection entre une décharge des sentiments à vif dans lesilence d’une naturefoisonnante et de l’étude analytique de cette même nature.

Si l’on s’attarde sur VERT PETIT DANS LES FRIMAS , on remarquera ce détail qu’est la présence du feuillage souligné de façon appliquée comme lorsqu’on trace une calligraphie, contrastant avec le fait que ce même feuillageest situé loin par rapport à la persistance rétinienne. Illusion d’optique ? Non. Simple mise en exergue d’une nature dévoilant sa prés ence dans tous ses atours. Au fur et à mesure que le regard s’avance, bien des détailsapparaissent, notamment l’existence cachée de différents plans, alternant discrètement le rythme de la composition, ainsi que des points de fuite sur lesquels le visiteur risqueraitde passer sans même les remarquer.

Rarissime est la présence de la figure humaine dans l’œuvre de cepaysagiste. Cette absence résulte d’un bannissement de l’Homme par la nature. Toujours est-il que sa présente neutre, presque miraculeuse, confèreun équilibre à la composition.Néanmoins, dans
LE RAMASSEUR
(20 x 31 cm),

la possibilité d’une réconciliation entre l’Homme et la nature s’affirme dans une communion entre dégradés de couleurs, lumière enveloppante et jeu deperspective.Car DIMITRI SYNIAVSKY
est décidément un maître de la perspective. Mêmesi le personnage du « ramasseur » fait partie intégrante de la composition, ildemeure ostensiblement en retrait, en étant volontairement décentréepar rapport au cadrage. Le plan représente une clairière. Divers points de fuite (bien que très discrets) s’offrent au regard. Une lignée de bouleaux placés enligne droite (sur la gauche) s’oppose à une autre lignée de bouleaux (sur la droite), placée en oblique, créant ainsi un déphasage dans la perspective. Un jeu subtil s’installe entre la solitude de la nature luxuriante à souhait etl’invitation adressée au regard du visiteur à se perdre pour trouver sa liberté, dans un savant dosage appliqué aux nuances du chromatisme pour déterminer la profondeur du champ visuel.Un jeu discret dans la fonction de la lumière est apporté par les réverbérationsdes lampions accrochés aux branches des arbres, à mi-plan de SOIR À BRUGES
(31 x 39,5 cm),

se réfléchissant sur l’eau noire.

Un contraste intéressant s’établit entre la zone médiane du tableau, illuminée,comprise entre deux zones dominées par le noir de la nuit (le ciel nocturne et l’eau du canal).


Nous retrouvons toujours cette conception scénique de l’œuvre picturale, campée entre différents plans, laissant deviner des points de fuite.


Il est impressionnant de constater qu’à l’exception de trois tableaux, toutes lesœuvres de cet excellent artiste, exposées à l’ESPACE ART GALLERY, datent de l’année dernière. Ce paysagiste, coté « Drouot » préfère, pour des raisons de meilleure lisibilité, l’utilisation de l’huile.L’origine de sa démarche est à chercher, notamment, dans l’œuvre cinématographique du metteur en scène Danois LARS VON TRIER(particulièrement dans la dialectique qu’offre son film DOGVILLE) où l’être humain, existant, se voit mis à l’écart, puis abandonné, voire sacrifié par la société. La nature, c’est l’âme dans la souffrance de l’abandon et lesendroits sauvages deviennent une image de l’intemporalité (le biotope inviolé), prise comme démarche politique de la nature. Un autre artiste, extrêmementprésent dans la quête intellectuelle du peintre, est le compositeur Russe SCRIABINEqui (à l’instar de MOUSSORGSKY) désirait hardiment incorporer les éléments dans sa musique. Le parfum de l’herbe fraîche devrait, selon l’artiste, se dégager à la vue d’une scène champêtre. Car le tableau avec la peinture qui le recouvre participent déjà de la nature. Et cette nature, dans son expression la plus organique, vient se loger au cœur de l’émotion.

DIMITRI SYNIAVSKY a touché un peu à tout dans le domaine de l’Art. Il anotamment tâté de la vidéo lorsqu’il était encore en Russie. Arrivé en France, il a été fortement encouragé par le peintre SERGUEI TOUTOUNOV à s’engager dans la voie de la peinture. Passer devant son œuvre picturale est un acte d’une immense responsabilité,car l’on passe devant une myriade de scènes analogues. Or, chaque scèneest le témoin d’une émotion particulière interprétée de façon différente. Ce qui, une fois encore, tend à prouver qu’une œuvre d’art (quelle que soit sa nature) ne se regarde pas : elle se lit!

François L. Speranza.

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